La responsabilité individuelle dans une société, qu’est-ce que c’est? (partie 1)

Qu’on se le dise, le gouvernement n’a pas d’argent de Monopoly. L’argent ne pousse pas non plus dans les planchers du Parlement. Il n’est pas possible d’offrir des services gratuits partout et il faut admettre que rien n’est gratuit, tout provient des poches des contribuables et celle du gouvernement. Celui-ci se doit donc de faire des choix. Une meilleure gestion des finances publiques serait de mise, bien entendu. Il y a beaucoup de gaspillages, c’est clair. Il y a beaucoup d’argents lancés par les fenêtres, c’est vrai. Comme je l’ai dit, oui la gratuité scolaire est possible. Mais il faut couper en quelque part et mieux gérer.

Pour couper ailleurs, je l’ai mentionné dans mon dernier article, c’est extrêmement facile de couper là où nos intérêts ne sont pas là. Faisons payer les riches! Augmentons les redevances minières! Coupons les subventions aux entreprises! Tout ceci est facile à dire, puisque les gens qui réclament tout ça ne sont pas concernés du tout par ces augmentations. Donc, le gouvernement fait des choix, souvent au détriment des autres, qui ne satisfont pas tout le monde. Le gouvernement libéral est critiqué de toute part, à tort ou à raison, peu importe. Mais force est d’admettre qu’un gouvernement qui se fait critiquer ne date pas d’hier. Bernard Landry a eu sa part de blâme avec l’affaire Gaspésia. Lucien Bouchard a eu sa part de critique avec la retraite hâtive de plusieurs infirmières dans les années 90. Même le grand René Lévesque dont tout le monde en fait l’éloge, a eu maille à partir avec des syndicats, lors de la grande récession des années 80, qui ont brûlé des mannequins à son effigie en 1983. Aucun gouvernement n’est à l’abri de critiques et tout le monde peut être insatisfait. Que doit-on faire pour pallier à ce problème? Attendre notre part du gouvernement et si nous ne l’avons pas, se mettre à critiquer et à monter dans les rues? Rien ne l’interdit. Mais avant tout, IL FAUT SE RESPONSABILISER, FAIRE DES CHOIX ÉCLAIRÉS ET FAIRE NOTRE POSSIBLE POUR NE PAS À DÉPENDRE DU GOUVERNEMENT!

Ce que j’entends par responsabiliser est le fait que lorsque nous avons une priorité ou un but à atteindre, nous ne devrions pas tendre la main et demander au gouvernement de tout faire pour nous. Faire des choix éclairés, c’est d’être conséquent envers ses objectifs et d’établir une liste de priorités intelligentes afin d’optimiser l’atteinte de cet objectif.

On parle souvent de hausse des frais de scolarité qui finiront par endetter les étudiants davantage. Je ne veux pas faire la morale aux étudiants en les mettant tous dans le même panier concernant les partys, les beuveries, les voitures de luxe ou les voyages dans le Sud qui sont faits par quelques personnes qui ne devraient même pas être considérées comme étant crédibles. Je me pencherai davantage sur les étudiants qui se croient « sages » et raisonnables pour leur apporter des solutions et des preuves de manquements quant à leur inscription et leurs frais qui y sont attachés.

En premier lieu, il faut se faire un budget et bien démystifier un objet essentiel d’un objet de luxe. Les résultats d’une enquête de Léger Marketing en 2009 concernant les dépenses des étudiants m’ont laissé perplexes. Plusieurs sont considérés essentiels alors qu’ils devraient plutôt être de luxe. Par exemple, une grande majorité de gens ont des ordinateurs personnels. L’ordinateur est essentiel en 2012, tenons-nous le pour dit. Néanmoins, il est faux de penser que l’ordinateur personnel est la seule façon d’y avoir accès. Personnellement, je ne connais aucune université qui n’offre pas des ordinateurs aux étudiants dans une quelconque salle et ce, gratuitement. Si vous vivez VRAIMENT dans la subsistance, pourquoi avez-vous un ordinateur personnel, alors que vous pourrez très bien avoir accès à celui fourni par l’université? Bien sûr, il y a des heures d’ouverture et de fermeture. Cependant, regardez votre horaire dimanche soir et planifiez en conséquence. Tout est possible. Avoir son ordinateur personnel avec très peu de moyens ne m’apparaît pas un choix très éclairé.

Je ne veux pas entrer dans le débat des Iphone ou Ipad au prix démesuré, puisque plusieurs étudiants dépensent de façon démesurée pour avoir un forfait totalement futile. Parlons d’étudiants plus sages, mais pas assez consciencieux. A-t-on SI BESOIN d’un téléphone intelligent en tant qu’étudiant? Lorsque nous ne pouvons pas travailler beaucoup et que nous dépensons de l’argent dans un appartement ou dans les frais de scolarité, appeler et faires des textos m’apparaît suffisant et parfois même, le cellulaire n’est utile que concernant des activités hors de l’école. Nous pouvons très bien s’appeler d’un téléphone résidentiel dans lequel la facture est séparée en deux, trois ou quatre colocataires. Oui, beaucoup d’étudiants ne paient pas pour le téléphone résidentiel et ont un cellulaire. Mais soyons sérieux, 4 colocataires dans un appartement avec chacun son cellulaire, alors que tout peut être divisé ensemble… Ce n’est pas ce que j’appelle une solution économique! D’ailleurs, le cellulaire n’est pas le seul instrument de communication, internet existe aussi! J’ai vécu sans cellulaire toute ma vie étudiante et je ne suis pas mort. « Le cellulaire est important pour les urgences et les prises de rendez-vous entre étudiants! » Ah bon? Alors comment faisaient les gens des années 70 sans cellulaire lorsqu’ils avaient une urgence ou qu’ils devaient se rencontrer? Ils étaient foutus j’imagine, vu qu’il n’avait pas de cellulaire. Je ne crois pas que les besoins de la société ont changé, c’est plutôt les gens qui s’inventent des objets de luxe. Vous êtes sur appel? Très bien, vous faites probablement partie de l’exception. En proportion, les gens qui ont absolument besoin du cellulaire pour affaire ou pour le travail sont beaucoup moindres en tant qu’étudiant. Avoir un forfait cellulaire trop élevé (ou en avoir un, point) avec très peu de moyens ne m’apparaît pas un choix très éclairé.

Il est clair que le travail à temps partiel nuit aux études lorsqu’il y a trop d’heures. Cela dit, il ne faut pas non plus exagérer en ne travaillant pas du tout durant ses études et se mettre à pleurer parce que nous n’avons pas d’argent! Les gens qui ne travaillent pas durant leurs études et qui vivent très pauvrement, je me questionne sur ce qu’ils font de leur temps libre. Également, il faut se rappeler qu’une session universitaire prend normalement fin vers la fin du mois d’avril. Il reste donc presque 4 mois à l’étudiant pour travailler afin de payer ses études et ce, sans compter les 5 à 10 heures à temps partiel durant l’année. Ne me dites surtout pas qu’il est impossible de se faire un peu d’argent en tant qu’étudiant. Je ne connais pas beaucoup de programmes qui ne font pas de pause l’été et qui n’offrent pas le régime coopératif travail/études. Avoir des prêts peu élevés et une aide dérisoire de la part de ses parents ET ne pas travailler ne m’apparaît pas comme étant un choix éclairé.

Antoine Bernier

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